EDIT BORS

EDIT BORS

Titre:
Beaucoup de bruit pour … un microrécit. Lire la littérature courte

Résumé:

Ceci n’est pas un titre
Ça n’a pas débuté comme ça. Ça s’est poursuivi dans une dimension étrangère à toute prévision. Je ne vous dis pas comment ça a fini.

(Pastorino)

 

Le microrécit (la micronouvelle ou la microfiction) est une fiction littéraire, d’une centaine de mots ou moins, dans laquelle le narrateur doit limiter son texte à l’essentiel, accordant ainsi une place importante au non-dit : « Dans la micronouvelle, le non-dit a préséance sur le dit. On ne lit pas la trame narrative, laquelle est pratiquement absente, mais on l’imagine à son goût personnel, à travers son propre imaginaire. » (Berthiaume). Pour capter l’attention des lecteurs, cette littérature brève privilégie les images vivantes et opte pour un ton souvent acide, cynique, côtoyant l’humour noir, le fantastique ou le non-sens. En outre, les microrécits présentent souvent un amalgame d’autres genres réduits à l’extrême, aussi convient-il de s’interroger sur les conséquences de cette mixité, notamment sur la modification de la structure narrative canonique, sur le jeu des tonalités et sur les enjeux de la réception. Leur réception, avouons-le, est plus ou moins subjective. Tel lecteur se passionne pour un texte quelconque et passe à côté d’un autre, car, en peu de temps et avec peu de mots, les microrécits font de l’effet ou passent complètement inaperçus. Ainsi, la lecture du microrécit exige de la part du lecteur une participation active, une plus grande attention et imagination, voire une plus grande compétence culturelle. En fait, le lecteur, en vagabondant parmi ces histoires, qui le font rire et pleurer ou qui l’épatent, doit non seulement adopter une stratégie de lecture toute particulière (Montandon) mais il est aussi invité à s’interroger sur des questions générales de la narrativité ainsi que sur ses propres habitudes de lecture.

Notice Biobibliographie:

Edit Bors est maître de conférences HDR à l’Université Catholique Pázmány Péter de Budapest. Ses recherches tournent autour de la linguistique du texte et de la stylistique. Elle est l’auteur d’ouvrages et d’articles portant sur l’étude de la langue littéraire.  Parmi ses dernières publications on mentionnera Lire et entendre – A propos du rythme de la prose In: Anikó Ádám, François Soulages, Anikó Radvánszky (éds) Lire & vivre. Études sur l’expérience de la lecture, 2019, Paris, L’Harmattam, 155-167 ; La langue secrète du visage : représentations des émotions dans les tragédies de Racine, Lublin Studies in Modern Language and Literatures, 2020, 44, 105-112.